
En pleine polémique sur le fichier Edvige (lire Quotidien du 22 juillet), la directrice adjointe des affaires juridiques de la Commission nationale informatique et libertés
(Cnil) répond aux questions de Têtu. Cette institution avait été la
première à s'alarmer du projet de fichage de la vie sexuelle et de l'état de santé de certains citoyens. Cette interview exclusive est éclairante sur plusieurs points: elle confirme, à l'encontre
de ce qu'affirmait à Têtu le porte-parole du ministère de l'Intérieur (lire Quotidien du 14 juillet), que le gouvernement ne comptait pas publier au
Journal officiel le décret de création d'Edvige. Elle précise également que le «caractère exceptionnel» de
l'enregistrement des données sensibles n'est apparu qu'à l'occasion des discussions préalables entre le ministère et la Cnil. Elle confirme enfin le caractère nouveau et inquiétant de ce
fichage.
Lire
l'interview.
«La génération qui m'a précédé s'est battue,
dans les années 1970 et 1980, pour supprimer les fichiers d'homosexuels détenus dans les préfectures, et là, on réintroduit dans un fichier de police la vie sexuelle comme critère», a par
ailleurs déclaré Alain Piriou dans un article du Monde.fr.
Cela va à contre-courant de quarante ans d'évolution du droit. C'est tout à fait insupportable.» Le porte-parole de l'Inter-LGBT estime toutefois que le
gouvernement peut encore faire marche arrière, à l'instar du sort réservé au fichier Ardoise (lire Quotidien du 25 avril), et sur lequel «le ministère de l'intérieur a reconnu que de telles informations n'étaient pas forcément utiles. […] Si Michèle Alliot-Marie entend raison sur le fichier Edvige comme sur
Ardoise, il n'y a aucune raison de penser qu'elle ne modifiera pas ce décret, pour en supprimer ces critères très subjectifs.»
La mobilisation contre Edvige
en est aujourd'hui à plus de 47.000 signatures. Retrouvez ici toute l'enquête de
«Têtu».
(source : têtu.com)
