Le "métropolitain" fête aujourd'hui ses 108 ans. L'hebdomadaire A nous Paris revient dans un article paru lundi dernier sur cette extraordinaire
aventure et sur son chef d'orchestre : Fulgence Bienvenüe ...
« Un homme de l'ombre
Le 19 juillet, le métro fêtera ses 108 ans. L'occasion de revenir sur la vie intrigante de Fulgence Bienvenüe, le père du métro.
‘‘Tout ce qui est nouveau attire les critiques, il ne faut pas toujours croire ce que disent les journaux'', l'homme qui tient ces propos n'est autre que Fulgence
Bienvenüe (1852-1936), le fondateur du métro parisien, avant de citer Chateaubriand : ‘‘La malveillance et le dénigrement sont les deux caractères de l'esprit français.'' Un breton de
caractère, obstiné et discret qui a cru à cette idée folle d' ‘‘un chemin de fer métropolitain... pour faciliter les déplacements à l'intérieur de Paris''. Si Bienvenüe n'a pas été
l'inventeur du chemin de fer souterrain (le premier métro est réalisé à Londres en 1863), il reste néanmoins le réalisateur patient de ce grand projet, et va présider pendant trente-cinq ans aux
destinées du métropolitain. La déclaration d'utilité publique est prise en mars 1898. Le compte à rebours commence. L'objectif ? Assurer la couverture pour l'Exposition universelle qui se
tiendra à Paris en 1900. Débute alors le gigantesque chantier qui va éventrer les rues de Paris et attiser la colère des parisiens. Très vite, les plaintes affluent et le mécontentement devient
général. Malgré cela, le projet avance. Le 14 avril 1900 l'objectif semble presque atteint. Car l'inauguration s'effectue sans le métro mais avec la Tour Eiffel. L'ouverture au public du chemin
de fer métropolitain prévue pour le 14 juillet 1900 est repoussée. Les omnibus sont en grève et l'on craint une trop grande affluence. Elle est donc reportée au 19 juillet à 13 heures.
L'inauguration se tient sans le président de la République, qui a choisi d'aller voir une revue navale à Cherbourg ! Le métropolitain entre donc en service dans la plus grande discrétion,
avec des voyageurs anonymes et audacieux. En peu de temps, le métro est plébiscité par les parisiens qui n'hésitent pas à chambouler leur rythme de vie. Bienvenüe, pugnace, doit surmonter des
imprévus et des catastrophes comme l'incendie de Couronnes en 1903 qui fait 84 morts. Il continue néanmoins son entreprise, et réalise quelques exploits, comme la mise en service de la ligne 4 et
son passage sous la Seine. Dans Fulgence Bienvenüe, le Père du métro de Paris, Monique Le Tac nous dépeint l'incroyable parcours de cet ingénieur, treizième enfant d'un notaire d'Uzel.
L'ouvrage se déroule dans le Paris de Sarah Bernhardt et de Mistinguett, de la guerre de 1870 jusqu'aux années 1930. Fulgence Bienvenüe décède en août 1934, à l'âge de 84 ans. Il est enterré au
cimetière du Père-Lachaise. Ce jour-là, les journalistes, accaparés par l'enterrement de Louis Blériot qui a eu lieu la veille, ne consacreront que quelques lignes à la disparition de ce grand
ingénieur qui a pourtant révolutionné le comportement des parisiens et réalisé une révolution digne du grand baron Haussman. »
